15 janvier 2026
Créée par Doria Tillier et Constance Verluca, et réalisée par Doria Tillier aux côtés de Jean-Baptiste Pouilloux, la série Iris (2024) propose un personnage principal aussi déroutant qu’attachant. Iris est institutrice, mais surtout une femme sans filtre, qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Une sincérité brute, presque enfantine — comme celle d’un enfant de quatre ans — qui provoque situations gênantes, maladresses sociales et vexations en chaîne.
Le postulat fonctionne plutôt bien.
La bande annonce de la série Iris
La série se regarde facilement, avec un ton léger et un rythme agréable.
On sourit souvent face à cette héroïne incapable de mentir ou d’arrondir les angles, dans un monde d’adultes où le non-dit est roi.
Pourtant, malgré ce point de départ prometteur, Iris donne parfois l’impression de ne pas toujours savoir où elle va. Certaines intrigues semblent amorcées sans réelle direction, laissant une sensation d’entre-deux, comme si la série cherchait encore son identité.
Un point notable et appréciable : l’actrice principale n’est pas spécialement sexualisée.
Dans un paysage audiovisuel où cela reste encore trop fréquent, le choix est rafraîchissant et mérite d’être souligné. En revanche, la série ne passe pas le test de Bechdel : les interactions et les enjeux tournent encore largement autour des hommes, et beaucoup de dialogues ou de situations y font directement référence. Un déséquilibre qui limite un peu la portée féministe que le personnage d’Iris pourrait pourtant incarner.
Côté casting, Pascale Arbillot se révèle particulièrement surprenante.
Elle apporte une vraie justesse à son rôle, avec une présence naturelle et une finesse de jeu qui renforcent la crédibilité de l’ensemble. Elle s’impose sans effort et confirme une fois de plus son talent.
Au final, Iris est une série sympathique, légère et agréable à regarder, sans prétention excessive. Elle ne révolutionne pas le genre, mais propose un personnage central suffisamment singulier pour susciter l’intérêt. On se surprend à se demander si une saison 2 verra le jour — et, surtout, si elle permettra d’approfondir les pistes esquissées. En l’état, la série s’y prêterait volontiers.
Une œuvre imparfaite, mais attachante, qui passe bien… et qui donne envie de voir jusqu’où Iris pourrait aller si on lui laissait un peu plus de place pour s’épanouir.




