Couple non-cohabitant est un terme de l'ined (Institut National d'Etudes Démographiques), qui représente les couples qui ont choisi de ne pas partager le même logement, et les chiffres sont en constantes augmentations depuis des années.
Une solution moderne à une réalité de notre temps. Une forme nouvelle de résistance à la pente fatale et aux statistiques. plus de 150 000 divorces en moyenne sont prononcés chaque année (voir article à ce sujet ). Un projet de réforme prévoit de simplifier les démarches. La rupture est banalisée, on parle désormais de vies «séquentielles». L'espérance de vie du couple ne cesse de diminuer. Or ce n'est pas toujours l'amour qui est en question. Et si le vieux schéma du domicile conjugal était tout simplement «has been»? Anachronique, à une époque où le «je» n'a plus aucune raison de s'effacer devant le «nous». Aujourd'hui, chacun reste soi-même, on se confronte dans ses différences. Et si c'est plus compliqué, tant pis! On invente.
L'amour est forcément une construction hors norme. Il s'étouffe dans des schémas imposés. Il a besoin de «jeu», dans tous les sens du terme. D'un espace de respiration (parfois infime, symbolique) entre les 2 partenaires. Et de légèreté. Pour ne pas se vautrer l'un sur l'autre, déborder, se répandre et s'oublier, il est nécessaire de repenser la distance qui nous sépare et nous relie, à l'intérieur du couple. De la moduler. Et s'il faut se résoudre à séparer les corps, pourquoi pas?
Des couples célèbres aux fortes personnalités ont adopté ce style de vie avant nous
- Sartre et Beauvoir,
- Morgan et Oury,
- Dutronc et Hardy
Même les enfants ont tout à gagner à ce choix plutôt mature. Ils continuent ainsi à avoir leurs parents unis, avec qui ils partagent tous les grands moments (week-ends, vacances...) et qui leur offrent, en prime, 2 mondes, 2 modes de vie. Mais pas 1 semaine sur 2, comme le prévoit la résidence alternée qui les arrache régulièrement de chez l'un et de chez l'autre. Et où se sentent-ils vraiment chez eux?
Un luxe, vont hurler les rétractaires aux changements. Pas forcément beaucoup plus cher, en fait, qu'un bon divorce (faites le calcul). Les motivations de ceux qui l'ont choisiDe toute façon, ce n'est pas non plus le choix de la facilité, reconnaissent ceux qui l'on fait.
- C'est parfois épuisant (le mieux, c'est de prendre 2 lieux pas trop éloignés l'un de l'autre, pour que se voir ne devienne pas un périple ),
- frustrant (il faut renoncer aux petits bonheurs des petits moments banals de tous les jours),
- décevant (quand le rendez-vous que l'on attend comme le grand soir s'achève en flop devant la télé)...
- Mais c'est tellement plus exaltant que de sacrifier l'amour.
Oui, mais c'est dangereux, renchériront ceux qui n'osent pas essayer. Comme si vivre ensemble était une manière de mieux tenir l'autre... Naïf. Car à vivre séparés, on entretient en outre un désir qui se nourrit lui aussi de distance, de manque. Et c'est encore le meilleur moyen de résister à la concurrence. Les autres, de toute façon, n'ont jamais de mots assez forts pour vous mettre en garde contre un choix de vie qui n'est pas le leur. Qui les dérange, les trouble, les contrarie. Qui les remet en question, en réalité. Et c'est tant mieux pour tous. Car tant qu'il est en question, l'amour reste en vie.
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